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Accueil du site / Centrale de Brennilis / Brennilis. 150 spectateurs au Chapeau-Rouge

Le telegramme 13 fevrier 2009

Mercredi, 150 personnes s’étaient donné rendez-vous au Chapeau-Rouge pour assister à une projection du documentaire de Brigitte Chevet sur le démantèlement de la centrale de Brennilis. Suivait un riche débat.

« La file est longue, il y a l’air d’avoir du monde. Et je vois autant de jeunes que d’anciens. Ça fait plaisir de voir que le sujet fédère et interpelle ». Mercredi, à 20h30, Brigitte Chevet, la réalisatrice du documentaire « Brennilis, une centrale qui ne voulait pas s’éteindre », arborait un grand sourire. 150 personnes s’étaient massées dans la grande salle de projection du Chapeau-Rouge pour 52 minutes d’immersion dans la vie et surtout « l’incessante mort » du réacteur breton. Prix de la meilleure enquête scientifique au Scoop d’Angers (*), le documentaire pose les questions de l’inexplicable pollution de l’environnement et de la nappe phréatique, du manque d’informations données aux habitants de la zone et, surtout du démantèlement de la centrale. « Pensée comme une vitrine à sa création, elle devait l’être aussi pour son démantèlement », exposait la voix off du documentaire.

Démantèlement pollueur

Or celui-ci, débuté en 1995 et prévu en trois phases par EDF, s’est brutalement arrêté en février2006 lorsque l’association « Sortir du nucléaire Cornouaille » (SNC) a déposé un recours suite à une visite du site, qui révélait une contamination environnementale liée à ces activités de démantèlement. Depuis, les ouvriers du site sont au chômage et s’opposent aux anti-nucléaire. De son côté, EDF prépare un nouveau dossier pour achever le travail. La centrale, quant à elle, dort aux pieds du lac Saint-Michel, à l’orée du Parc naturel d’Armorique, comme un symbole de l’échec de ce qui devait être le premier et exemplaire démantèlement français.

Un débat préoccupant

Le débat qui suivait la projection, s’il démarrait timidement, s’est poursuivi jusqu’à 23h. Et si de nombreuses questions trouvaient des réponses techniques et pointues, d’autres restaient dramatiquement en suspend. « Il n’y a pas de cartographie de la contamination et on ignore l’impact sur la nappe phréatique. Une enquête est en cours, mais la Commission locale d’information (Cli) demande déjà des contre-expertises indépendantes, expliquaient ensemble Michel Marzin, ancien de la centrale, et Chantal Cuisnier, membre de SNC. La Cli demande, en outre, que les réunions d’experts soient publiques, (Le Télégramme du 15janvier) ». Finalement, un homme au premier rang intervenait : « Mais, dans le fond, est-ce que EDF sait démanteler une centrale ? ». La réponse résumait le problème : « On l’ignore. C’est la première expérience de ce genre. Et EDF ne communique pas vraiment ». (

*) Chaque année, le festival du Scoop récompense les meilleurs reportages et documentaires.

* Nicolas Chaffron