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Accueil du site / Eolien en Bretagne / Éoliennes : le pays de Brest a fait le plein

OUEST FRANCE 18 mars 2009

Trois dernières machines ont poussé à Lanrivoaré. C’est le dixième et dernier site du Pays de Brest avant quelques années. Dix jours ! Les éoliennes sont arrivées par la route le 6 mars. Hier, les techniciens espagnols de la société Gamesa Eolica serraient les derniers boulons. Dix jours pour hisser trois machines, alors qu’en 1999, à Plouarzel, « c’est le temps qu’il fallait pour en monter une seule », se souvient Yves Kermorgant, coordonateur du projet.

Porté par la Compagnie du Vent (filiale de Suez), le site du Cruguel est enfin sorti de terre, après presque dix ans de gestation ! La Compagnie du Vent avait bien un permis de construire depuis 2001. Mais elle avait visiblement d’autres chats à fouetter. D’autant plus qu’en période de boom éolien en France et en Europe, la fourniture de matériel était difficile. Un nouveau permis a été demandé puis accordé en 2006. Aucun nouveau dossier

Ces petites éoliennes d’à peine 80 mètres (avec les pales) forment ainsi le dixième site d’implantation sur le pays de Brest. Et sans doute le dernier avant plusieurs années. Il existe bien un projet autorisé à La Martyre, mais il semble abandonné depuis plusieurs années. Et aucun nouveau dossier n’est à l’instruction en préfecture. Or, il faut compter trois ou quatre ans au moins entre le dépôt d’un projet et sa réalisation.

Saturé le Pays de Brest ? C’est possible. Du moins sous la législation actuelle. Avec l’Aude, le Finistère a offert un terreau fertile aux fermes éoliennes dès que l’Etat a imposé à EDF en 2000 un tarif de rachat de cette énergie. Les opérateurs y ont fait leurs armes. Élus locaux, services de l’État et associations d’opposants aussi !

Aux dires des développeurs, interdits d’approcher à moins de 500 mètres des habitations, il ne reste guère d’espace. D’autant moins depuis que l’armée de l’Air est venue mettre son grain de sel dans les pales en 2005, quand elle s’est aperçue des risques de perturbations de ces engins sur les radars, à l’approche des aéroports ou des bases aéronavales.

A moins de 30 km des radars, les projets sont soumis à une étude encore plus tatillonne, capable de refroidir le premier revendeur de vent. Avec Guipavas, Lanvéoc et Landivisiau, autant dire que les espaces libres se font rares et étroits.

Essuyeurs de plâtres

Les développeurs ont tourné casaque vers des zones moins ventées, mais à l’habitat moins dispersé, où leur implantation semble plus simple. En Beauce par exemple, pousse une ferme EDF de 26 éoliennes affichant sur un seul site (17 km en bordure d’autoroute A10) une puissance de 52 mégawatts, à comparer avec les 63,5 mégawatts des 53 éoliennes disséminées sur le pays de Brest.

La législation a évolué. Les collectivités sont incitées à créer des Zones de développement éolien (ZDE). Depuis 2007, les projets n’ont la garantie de rachat d’électricité à tarif préférentiel (0,082 € par kilowatt heure) que s’ils sont en ZDE. Ainsi, l’initiative est revenue dans le camp des aménageurs du territoire. En Pays de Brest, il faut bien dire que ceux là ont un peu essuyé les plâtres, doublés, pressés par les promoteurs. Aucune ZDE n’a été mise en place.

Il n’est plus non plus question du schéma de développement éolien du Pays de Brest. Trop tard. Les éoliennes sont là. Souvent en contradiction avec la charte du Finistère, qui demandait qu’on ne puisse pas voir plusieurs sites à la fois. Mais elles semblent plutôt bien acceptées finalement. Une page est tournée.

Sébastien PANOU. Ouest-France