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Accueil du site / Presse / Finistère. Faut-il construire une centrale électrique ?

LE TELEGRAMME - 6 juillet 2009

Le tramway de Brest tombera-t-il en panne, faute de courant ? Une étude conclut à la nécessité de construire une centrale électrique dans le Finistère à l’horizon 2015.

« Si aucune action n’est entreprise pour augmenter les capacités de production d’électricité dans le Finistère, le déficit annuel et la couverture des pics risquent de se traduire par des coupures significatives de courant dans les prochaines années, faute de capacités de production locales suffisantes ». Cet avertissement est lancé par l’agence Zelya Energy dans une étude qu’elle a effectuée à la demande de l’association Investir en Finistère. Composée essentiellement de chefs d’entreprise, cette association s’appuie sur ce document pour s’inquiéter d’une situation qui pourrait compromettre le développement économique futur.

En bout de ligne

Depuis les événements de Plogoff, la production d’électricité dans le Finistère est un sujet un peu enfoui dans l’inconscient collectif. Il remonte résolument à la surface avec cette étude qui pointe le double déficit qui affecte particulièrement le département. D’abord un lourd déficit structurel puisque le département ne produit que 6% de sa consommation annuelle (voir ci-dessous) et surtout, un risque de panne électrique les jours de grands pics de consommation, en raison de sa situation en bout de ligne. Ce fut le cas le 7janvier dernier, où la demande a mis tout le réseau hexagonal en surchauffe alors que le Finistère ne pouvait même pas compter sur son parc éolien puisque les grands froids de l’hiver sont souvent corrélés à l’absence de vent.

Une centrale au gaz

Selon Zelya Energy, le déficit électrique du Finistère va se creuser encore plus dans la période 2015-2025 car la demande croissante de consommation électrique « ne sera pas compensée par les économies d’énergie ou le développement de l’éolien terrestre ou marin ». Du nucléaire au solaire voltaïque, l’agence a passé en revue toutes les options possibles pour arriver à la conclusion que l’équipement le mieux adapté serait une centrale thermique à gaz (à partir de la combustion de gaz naturel) d’environ 400 Mégawatts (MW), soit la puissance de 200 éoliennes de 2MW. Il s’agirait d’un équipement pour période de pointe, susceptible de monter en puissance en quelques heures à peine pendant les périodes de très forte consommation, celles durant lesquelles le Finistère est le plus exposé. Autre intérêt de cette option : les délais relativement réduits de construction permettraient une mise en exploitation vers 2015, année considérée comme butoir pour un renforcement de la production électrique finistérienne.

Un site à Brennilis ?

Selon cette étude, une centrale de ce type « ne produit aucun déchet, ne pollue pas l’eau et s’inscrit aisément dans le paysage ». Mais s’agissant de combustion d’un élément fossile, il y a forcément des rejets atmosphériques. « À la différence d’autres centrales thermiques à flammes, objecte cette étude, la chaleur dégagée par la combustion est réinjectée dans le cycle afin d’améliorer le rendement global et donc, de diminuer les émissions d’effets de serre ». Enfin, ni cette étude, ni l’association Investir en Finistère ne se prononcent sur une éventuelle localisation. Sur ce sujet délicat, seul Pierre Maille, président du conseil général, ne craint pas de s’avancer : « Il y a une telle réactivité des citoyens sur ces sujets qu’il me semble que les sites actuels de production, comme Brennilis ou Dirinon, seraient les plus appropriés. Mais notre réflexion, au conseil général, porte plutôt, actuellement, sur les économies d’énergie et les énergies renouvelables ».

* René Perez