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Accueil du site / Presse / [presse] Energie. Ils rêvent de chauffer l’Europe depuis le Sahara !

LE TELEGRAMME - 16 juillet 2009

Pour couvrir 15 % des besoins en électricité de l’Europe à l’horizon 2050, des entreprises allemandes veulent construire une centrale solaire géante en Afrique.

C’est un projet pharaonique et déjà critiqué : créer un vaste de réseau de centrales solaires dans le nord de l’Afrique et au Moyen-Orient pour alimenter l’Europe en énergie propre. Le rêve pourrait paraître utopique s’il n’était pas porté par des grands groupes (essentiellement allemands) pas vraiment réputés pour signer un chèque de 400milliards d’euros sans réfléchir. Un protocole d’accord vient d’être signé entre des sociétés comme les géants allemands de l’énergie EON et RWE, le réassureur Munich Re, la banque Deutsche Bank, des fabricants de solaire comme l’espagnol Abengoa Solar, l’algérien Cevital et la fondation porteuse de ce projet, nommé « Desertec ». Le projet ? Installer des centrales thermiques solaires à concentration du Maroc jusqu’à l’Arabie Saoudite. Elles seraient couplées à des champs éoliens pour produire de l’électricité et fournir à l’Europe 15% de l’électricité dont elle a besoin, à l’horizon 2050. Desertec permettrait aussi d’assurer « une part considérable » de l’alimentation électrique des pays africains dans lesquels serait déployé le réseau et dessaler l’eau de mer pour fournir de l’eau potable. « Eco-colonialisme »

Mais de nombreuses questions ne sont pas résolues, comme les lieux d’implantation de ces installations, le coût du courant produit, le bénéfice qu’en tireront les pays africains et arabes, le manque de stabilité politique dans certaines régions productrices... Et Desertec n’échappe pas aux critiques. Pour le député social-démocrate allemand Hermann Scheer, pas besoin d’aller en Afrique pour fournir de l’énergie propre à l’Europe. « Nous pourrions investir les 400milliards d’euros ici », explique-t-il. Il défend l’idée d’un réseau décentralisé d’opérateurs dans les énergies vertes, plutôt que de le laisser aux mains d’un monopole de grandes entreprises. D’autres doutent des chances de développement pour les pays producteurs et pensent que l’intérêt défendu est avant tout celui de l’Europe. Ce que le quotidien allemand Handelsblatt résume en un mot : « Eco-colonialisme ».

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