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Accueil du site / Presse / [presse] Énergies : un nouveau plan alternatif breton

vendredi 21 août 2009 - Ouest France Il est le fruit, trente après celui inspiré par le Club de Rome, d’un travail de l’Union démocratique bretonne. Un pari sur l’autonomie énergétique en 2030 !

Le rapport dit du « Club de Rome » remet pour la première fois en cause la recherche de la croissance pour la croissance et ses conséquences sur l’environnement. En Bretagne, le pétrole vomi par l’Amoco Cadiz n’a pas encore séché sur les côtes bretonnes que, déjà, un autre sujet enflamme le débat sur l’énergie : le projet de centrale nucléaire à Plogoff (Finistère). Nous sommes en 1979.

Cette année-là, un groupe de militants et chercheurs essentiellement inspirés par le Parti socialiste unifié (PSU) de Michel Rocard, publie le « Plan alter breton ». Un recueil de propositions destinées à réduire la fragilité énergétique de la Bretagne. Ce plan se donnait 2010 pour horizon. Nous y sommes.

« Avec humilité » précise Mona Bras, porte-parole de l’UDB (Union démocratique bretonne) qui a voulu se saisir du trentième anniversaire du premier plan alter pour en proposer un second.

Une réactualisation ? « Pas si simple » pour le Costarmoricain Gwenaël Henry, pilote du groupe de travail. « Nous avons été stupéfaits de constater que tout, ou presque, était déjà dit par les rédacteurs de 1979 ! À tel point que des passages entiers de leur document peuvent être repris aujourd’hui sans y changer un iota. »

12,2 millions de tonnes équivalent pétrole

Pour autant, note l’UDB, « les problèmes et contradictions du système relevés à l’époque n’ont pas été résolus. Au contraire, la Bretagne est aujourd’hui bien plus dépendante de l’extérieur pour son approvisionnement énergétique, tandis que le modèle de développement ultra-libéral atteint ses limites écologiques, climatiques et économiques. »

Si les propositions du premier plan alter n’ont pas pris une ride aux yeux de Gwenaël Henry, le militant pointe cependant une différence fondamentale par rapport à 1979 : « Cette fois, nous n’avons plus trente ans devant nous pour les mettre en oeuvre ! »

Le « Nouveau projet alter breton », un document bilingue d’une quarantaine de pages, sous-titré « Mieux vivre en Bretagne, sans pétrole et sans nucléaire » (1) traduit en objectifs chiffrés, par secteurs de production et de consommation, un scénario d’autonomie énergétique en 2030. Cette Bretagne-là, à cinq départements et cinq millions d’habitants, devra stabiliser, par des économies, sa consommation annuelle à 9,8 millions de tonnes/équivalent pétrole.

Mais elle peut aussi, assure l’UDB, en produire 12,2 millions, sans recours aux énergies fossiles, uranium compris.

Jean-Laurent BRAS.

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