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Accueil du site / Presse / Solaire. L’or jaune de l’agriculture

le télégramme - 12 oct 2009

Les agriculteurs bretons sont de plus en plus nombreux à produire de l’électricité grâce aux panneaux photovoltaïques. Surtout sur les toits de leurs bâtiments. Mais aussi au sol, sur leurs terres agricoles. Les projets se multiplient.

Pas de travail, juste à guetter le soleil ; une recette garantie pendant vingt ans ; des démarches succinctes ; et une image très écolo. Il n’y a pas photo. À l’heure où toutes les productions, ou presque, sont en crise, le photovoltaïque a de quoi séduire le monde agricole. Pour peu qu’ils soient bien exposés au sud, bien inclinés et en bon état, les toits des hangars ou des étables peuvent parfaitement servir à accueillir des panneaux solaires pour produire de l’électricité. EDF rachète le KW/h à un prix fixé actuellement à 57 centimes pour des installations intégrées au bâti. Voilà donc une aubaine. À condition évidemment de gagner la confiance de son banquier. Car l’investissement est élevé : de 800 à 1.000euros le mètre carré de panneau solaire. Ce qui induit un retour sur investissement de dix à quinze ans, voire vingt, selon le plan de financement.

Très sollicités par les vendeurs

« Les demandes de raccordement montent en flèche depuis un an et demi, constate Olivier Allain, président de la Chambre d’agriculture des Côtes-d’Armor. Ce n’est pas étonnant : c’est un investissement sur l’avenir et un complément de revenu très intéressant. Même avec l’année climatique médiocre que l’on connaît, la production d’électricité est conforme aux prévisions. » Les Côtes-d’Armor sont particulièrement en pointe. Depuis plusieurs mois, des réunions de sensibilisation y sont organisées auprès des agriculteurs. Mais les autres départements bretons ne sont pas en reste. Il faut dire aussi que les agriculteurs sont très sollicités par les vendeurs de matériels. De plus en plus nombreux à vouloir profiter du vent porteur, ils multiplient les offres. « Les agriculteurs ont besoin d’être informés », souligne Charlotte Quénard, coordinatrice des énergies. Le mois dernier, au Space, le salon agricole de Rennes, 58entreprises proposaient leurs services contre huit en 2008.

Changement de tarif en vue

« Aujourd’hui, tous les éléments sont réunis pour rendre l’opération intéressante : le prix de rachat par EDF et la baisse des taux bancaires. Et le prix des panneaux a chuté de 30% en un an. À cause de la crise, il y a beaucoup de stocks dans le monde », confie un technico-commercial chez Eco-energy. Cette entreprise basée à Orvault (Loire-Atlantique) a noué un partenariat avec Coopagri-Bretagne pour développer la technique auprès des adhérents du groupe breton. Mais attention : si le tarif de rachat imposé à EDF est très alléchant, il est temps d’en profiter, car cela ne va peut-être pas durer. Le soutien pourrait être revu à la baisse, notamment pour les bâtiments professionnels. L’opération sera-t-elle aussi avantageuse ? La question sera à étudier sachant, malgré tout, que l’évolution technologique devrait permettre de réduire progressivement les coûts et améliorer les rendements des panneaux.

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