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Accueil du site / Centrale de Brennilis / Centrale de Brennilis. Tensions autour de l’enquête

LE TELEGRAMME 16 octobre 2009

Le démantèlement de la centrale de Brennilis s’était arrêté pour défaut d’information, en 2007. Pour obtenir sa reprise, EDF a mis le paquet : un dossier de 1.900pages à l’enquête publique. Ses opposants estiment pourtant que tout n’est pas rapporté.

Quand se déroulera l’enquête publique et quelle est la population concernée ? Du 27octobre au 27novembre. EDF a demandé l’élargissement du périmètre minimum légal. Les habitants de quinze communes pourront s’exprimer. La commission d’enquête organisera des permanences dans les mairies de Brennilis, de Loqueffret et en sous-préfecture de Châteaulin. Le dossier peut également être consulté sur le site internet de la préfecture. Au final, il appartiendra au Premier ministre de signer, ou pas, le décret de mise à l’arrêt définitif et de démantèlement de la centrale. Peut-être début 2010.

Faut-il la reporter ? C’est le souhait exprimé par plusieurs associations environnementales (AE2D, Sortir du nucléaire...). Elles estiment que les enjeux (financiers, environnementaux...) dépassent le seul cadre d’une consultation locale et doivent engager une réflexion au niveau national. D’autant plus qu’il s’agit d’une opération inédite. D’où leur demande d’intervention de la commission nationale du débat public.

Combien de temps durera le chantier ? « C’est un projet sur 15-20ansavant restitution d’un site sans danger à la population », a précisé le directeur du site, Xavier Petitjean, hier soir, en réunion de présentation publique à Loqueffret. Trois grandes phases se chevaucheront dont la plus longue (douze ans) concerne le démantèlement et l’assainissement de l’échangeur de chaleur(16 pièces de 27 tonnes) et du bloc réacteur. Coûtde l’opération ? « Nous avons une réserve de 2milliards d’euros pour le démantèlement de neufs réacteurs à l’arrêt en France ».

Quels sont les risques encourus par les intervenants ? « Personne ne rentrera dans le bloc réacteur ». Des robots télécommandés oeuvreront au contact de ses 50 tonnes de déchets radioactifs. Par ailleurs, l’exploitant assure que les 100intervenants du chantier feront l’objet de contrôles de santé quotidiens. Sous contrôle de l’autorité de sûreté nucléaire. « La moitié des personnes qui ont travaillé sur le circuit eau lourde(durant la première phase de démantèlement du site, NDLR) sont décédées avant 65 ans », s’est emporté un ancien de la centrale. « Cela n’apparaît pas dans le dossier ! ».

Et pour la population ? Le dossier d’EDF évoque un risque pour la faune et la flore environnantes de l’ordre du millième de la norme maximale autorisée. Les 50 tonnes de déchets les plus dangereux seront transférées (probablement par la route) dans des emballages conditionnés vers un centre que l’électricien doit encore construire dans l’Ain. Il s’agit de déchets classés « faiblement et moyennement actifs ». Leur durée de vie ? Trois cents ans !

Que se passerait-il si l’on ne démantelait pas ? Question posée par une antinucléaire qui a inspiré cette curieuse révélation d’un responsable du centre d’ingénierie de la déconstruction d’EDF :« Je ne le sais pas et c’est justement pour cela qu’il faut déconstruire ».

* Brennilis, Loqueffret, Botmeur, LaFeuillée, Lannédern, Saint-Rivoal, Brasparts, Le Cloître-Pleyben, Commana, Plounéour-Ménez, Collorec, Plouyé, Berrien, Locmaria-Berrien, Huelgoat.

* Yann Le Gall

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