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le telegramme - 13 novembre 2009

Prétendue explosive, l’enquête publique relative au démantèlement de la centrale nucléaire de Brennilis n’a pourtant recueilli que des atomes d’observations depuis son ouverture. Simple retard à l’allumage.

La tension entre responsables d’EDF et opposants résolus au projet préfigurait un peu de « reuz » lors des permanences de la commission d’enquête publique. Mais depuis l’ouverture de la procédure, le 27octobre, les trois commissaires enquêteurs n’ont pas eu à revêtir le pare-feu : « Nous avons recueilli troisobservations à Brennilis, plus une ou deux à Loqueffret », évaluaient AndréGilbert et PierreCassara, mardi après-midi, au milieu d’une salle de sous-préfecture de Châteaulin où ils tuaient le temps. Dans les douze autres communes concernées (*) ? « Pas mieux. C’est-à-dire, rien du tout ». Étonnant. D’autant plus qu’il n’est pas obligatoire de résider dans ces communes pour déposer ses remarques au registre. Y compris sur le site internet de la préfecture. Pour autant, les commissaires enquêteurs (la présidente Danielle Faysse complète le trio) ne s’attendent pas à contempler le plafond jusqu’à la clôture de l’enquête, le 27novembre. Les opposants attendent le dernier moment

« Par expérience, nous savons que les personnes ou associations opposées au dossier s’expriment au dernier moment. S’agit-il de jouer sur nous l’avantage d’une dernière impression ? Qu’elles sachent alors que toutes les observations nourrissent notre analyse. Même au-delà du temps de l’enquête d’ailleurs ». Pour preuve, ils compulseront avec attention le rapport de l’Arco, organisme indépendant chargé d’éclairer la commission locale de l’information sur la centrale de Brennilis sur tous les tenants et aboutissants du démantèlement. « Si nécessaire, nous réclamerons des approfondissements à EDF ». La commission d’enquête rendra son avis dans un délai maximal de deux mois après la clôture de l’enquête publique. Le préfet prendra ensuite une décision que le Premier ministre transformera- ou pas - en décret autorisant la reprise du chantier.

Du boulot pendant 20 ans

Nous n’en sommes pas là. Pour l’instant, la commission d’enquête dispose « simplement » du volumineux dossier d’EDF(1.900pages que l’électricien a eu le bon goût de comprimer dans une annexe de 37pages), plus quelques remarques. Toutes favorables au démantèlement d’ailleurs. « Le respect des consignes de sécurité revient régulièrement mais les signataires voient aussi, dans ce projet, une occasion d’apporter du travail aux entreprises locales pendant 15-20ans ». Autant dire que, si l’enquête devait s’arrêter aujourd’hui, la commission ne serait pas riche en éléments contradictoires. Mais il reste quatre permanences et quinze jours. Largement assez pour que les antinucléaires appuient enfin sur le champignon.

* Celles dont le bourg se trouve à moins de 11,5km du site. Possibilité de laisser son avis aux heures d’ouverture des mairies.

* Yann Le Gall

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