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Accueil du site / Base de l’ILE LONGUE / [Ile Longue] Les pêcheurs ont vu le tir du missile M51

Ouest France - jeudi 28 janvier 2010

Hier matin, en baie d’Audierne, le sous-marin nucléaire Le Terrible a lancé, pour la première fois, un nouveau missile intercontinental. Les pêcheurs du coin ont été fascinés. « On aurait dit le départ d’une fusée, il y avait beaucoup de fumée ou de vapeur d’eau. C’était très impressionnant. » Hier, vers 9 h 30, Serge Le Roux, le patron du chalutier Le Cap-coz II, pêchait le long des côtes sud-finistériennes lorsqu’il a assisté au départ du nouveau missile balistique M51. L’arme était lancée au large de Penmarc’h, à partir du sous-marin nucléaire lanceur d’engin Le Terrible.

C’était la première fois que la Direction générale de l’armement testait son nouveau missile stratégique en conditions réelles. L’engin de plus de cinquante tonnes, capable d’atteindre une cible à 8 000 km et filant à une vitesse de 20 000 km/h, n’était naturellement pas armé. Il est conçu pour emporter six à dix têtes nucléaires.

Un point lumineux

À l’occasion de ce lancement, les pêcheurs avaient une interdiction de travailler dans un rectangle de 1 500 km² au large du Finistère-sud. Ils étaient cantonnés sur une bande d’une dizaine de kilomètres le long des côtes. Ils ont toutefois pu admirer le tir. « Quand je l’ai vu, il était déjà parti, raconte Lionel Pennarun, le patron du Narval. Il a juste eu le temps de saisir son téléphone portable pour prendre un cliché. Il y avait un gros nuage marron à la base puis une traînée blanche. » Dominique, le patron du Roz-Avel ajoute : « On n’a pas entendu du bruit mais il faut dire que le bateau est bruyant. La traînée blanche n’est pas restée longtemps, à peine deux minutes. Elle s’est dispersée et ensuite, on ne voyait plus qu’un point lumineux. »

Vingt minutes après le lancement, le ministère de la Défense a publié un communiqué annonçant la réussite du lancement : « Cet essai marque une étape importante dans la modernisation et l’adaptation du dispositif de dissuasion de la France, dans le strict respect de ses engagements internationaux ».

Aucun élément sur la destination du missile. Le Ministère de la Défense avait seulement annoncé qu’il devait terminer sa course en mer, au large du Brésil ou du Canada. Du côté des marins, on mise plutôt sur le Canada. « Vu comme on était positionné je pense qu’il filait plutôt vers l’Ouest noroît », estime le patron du Narval, qui a tout de même été impressionné par une chose : « 12 m de long et plus de cinquante tonnes, c’est à peu près la taille et le poids de mon bateau ».

Romain LE JEUNE.

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