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Accueil du site / Base de l’ILE LONGUE / Essais nucléaires. Il y a cinquante ans, l’opération "Gerboise bleue"... [Vidéo]

9 février 2010 - le telegramme

Le 13 février 1960, la France réalisait son tout premier essai nucléaire, dans le Sahara. Baptisée "Gerboise bleue", l’opération ouvrait la porte à une longue tradition d’essais nucléaires. Qui prend fin en 1996.

A ce jour, la France a réalisé 210 essais nucléaires. C’est en 1957 que le gouvernement décide la création d’un champ d’expérimentations dans le désert du Sahara (Afrique), le Centre Saharien d’Expérimentations Militaires (CSEM), à une cinquantaine de km au sud de l’oasis de Reggane.

17 essais au Sahara... et quelques incidents

Le 13 février 1960, l’opération "Gerboise bleue" est lancée au CSEM. Il s’agit du premier essai atmosphérique nucléaire français, testant un engin d’une puissance de 70 kt. Le premier d’une longue série. En tout, 17 essais ont eu lieu dans le Sahara entre 1960 et 1966, selon l’Observatoire des armes nucléaires françaises. Des essais qui ont parfois donné lieu à des incidents.

Exemple. Le 17 avril 1962, lors de la préparation d’un "tir de pastille" (sans dégagement d’énergie nucléaire), une charge pyrotechnique de 10 kg appliquée à une capsule contenant 25 g de plutonium a explosé prématurément. Dix personnes travaillant à moins de 50 mètres ont été directement affectées par l’accident et ont subi une contamination locale. Elles ont été prises en charge à l’hôpital. Aucune n’a subi de séquelles fonctionnelles, excepté un militaire, qui a subi des équelles traumatiques, selon le ministère de la Défense.

27 janvier 1966 : dernier essai, en Polynésie

Après le Sahara, la Polynésie. La France s’est dotée d’un Centre d’expérimentations du Pacifique (CEP), qui permettait d’effectuer des tirs d’essai sur les atolls de Moruroa et de Fangataufa. Deux atolls cédés gratuitement à l’Etat français par le Territoire de Polynésie. Le premier essai aérien en Polynésie a lieu au dessus de Moruroa, le 2 juillet 1966. Et jusqu’au dernier, à Fangataufa, le 27 janvier 1996, il y a eu 193 essais.

En 1996, la France s’engage à cesser tout essai nucléaire, en signant le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires, dans le cadre de l’ONU. Mais ces expériences ont laissé des traces, notamment dans le désert du Sahara. Selon Mohammed Bendjebbar, qui dirige l’Association algérienne des victimes des essais nucléaires (Aaven), "aucune décontamination sérieuse n’a été effectuée par la France" et dans certaines zones près de Reggane, "la radioactivité ambiante est aujourd’hui de 22 fois supérieure aux normes internationales", explique-t-il au nouvelobs.com. Selon lui, les habitants de la zone contaminée subiraient encore les effets des expérimentations nucléaires, citant des cas de cancer ou de malformations chez les nouveaux-nés à Reggane.

Du côté des personnels qui ont participé aux essais, les vétérans du nucléaire, ils se sont regroupés en association, l’Aven. Objectif : recenser les personnels civils et militaires qui ont travaillé aux centres d’expérimentation du Sahara et du Pacifique et faire reconnaître leurs droits. Particulièrement ceux "de porteurs de maladies radio-induites"...

A voir, à lire.
-  Dossier de l’Observatoire des armes nucléaires françaises.
- "Les méfaits nucléaires de la France coloniale", sur Algeria-Watch.
- Video. Une expérience nucléaire souterraine à Reggane (Archives INA).
- Des témoignages, des informations, sur le site de l’Association des Vétérans des Essais Nucléaires (Aven). * Emmanuel Saussaye

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