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Accueil du site / Presse / [presse] Photovoltaïque. Attention aux abus

Le télégramme - 10 avril 2010

Crédits d’impôt, tarifs de rachat de l’électricité avantageux... L’électricité solaire éblouit de plus en plus de particuliers. Attention ! Des installateurs incompétents, parfois fraudeurs, se sont engouffrés sur ce créneau porteur.

Les litiges se multiplient sur les malfaçons et les risques qui en découlent. Le Comité national pour la sécurité des usagers de l’électricité (Consuel), sous tutelle du ministère de l’écologie, lance une alerte. Une étude réalisée en 2009 fait apparaître que sur 1.241 installations photovol- taïques contrôlées dans l’Hexagone, 51% sont non conformes. 72% de ces installations présentent un risque d’électrocution et 28% un risque d’incendie. La Méditerranée est la première région concernée, mais pas la seule. L’Ouest arrive en seconde position en matière d’électricité solaire.

« Parfois de l’arnaque »

A l’UFC Que Choisir de Vannes, un responsable explique que « plusieurs consommateurs morbihannais connaissent des problèmes avec leurs panneaux photovoltaïques, puissance insuffisante, raccordements mal ou pas effectués, défaut d’étanchéité au niveau de la toiture. Certaines personnes ont déjà payé plus de 10.000euros sur leur crédit et leur installation ne fonctionne pas, il y a parfois de l’arnaque. » La direction départementale de protection des populations (DDPP) des Côtes-d’Armor a reçu une dizaine de plaintes, qui portent également sur des démarches commerciales frauduleuses. « Il ne faut pas généraliser », explique le Vendéen David Michaud, secrétaire national du groupement des particuliers producteurs d’électricité photovol- taïque (GPPEP), une association qui conseille les particuliers. « La majorité des entreprises sont compétentes, mais il y a des opportunistes qui se sont lancés sans compétence, sur ce marché émergent, pour se faire de l’argent ». La majorité des litiges parvenus au GPPEP sont localisés dans le Sud de la France (140 victimes pour une seule entreprise dans le Var). Mais dans les Côtes-d’Armor, la quasi-totalité des plaintes visent elles aussi le même opérateur du département, submergé par la vague du solaire. « La plupart des plaignants ont obtenu satisfaction », précise-t-on à la DDPP costarmoricaine.

Des armées de commerciaux

Les principaux défauts de conformité émanent d’entreprises qui n’ont pas la formation requise, et aussi de structures commerciales qui démarchent à tout-va à domicile, dans les salons professionnels, qui font signer des dossiers de crédit sur place, sans délai. Puis, elles confient l’installation à des sous-traitants. « Des armées de commerciaux promettent l’eldorado, notamment aux quinquagénaires et aux retraités qui ont de l’argent à placer, pour se constituer un complément de retraite », souligne Elisabeth Chesnais, journaliste spécialisée à Que Choisir. « C’est un investissement lourd. Le rêve peut vite devenir cauchemar. Il faut être très vigilant avant de signer quoi que ce soit ! » Michel Faure, le directeur général du Consuel se félicite que le décret de 1972, rendant obligatoire l’attestation de conformité pour toute installation électrique neuve, a été élargi aux installations de production photovoltaïque le 23mars dernier. « Une bonne nouvelle au moment où ce marché explose ». Et une garantie nécessaire pour que les clients ne tombent pas dans le panneau.

* Yves Drévillon

Vous souhaitez investir dans le photovoltaïque ? Pas d’inquiétude ! Il suffit de suivre quelques conseils.


- Ne jamais signer dans l’urgence.
D’abord, ne jamais signer dans l’urgence une proposition de crédit lors de salons ou de démarchage à domicile. « Il faut prendre son temps, faire plusieurs devis, trois ou quatre, avec des entreprises différentes et, de préférence, aller voir des chantiers déjà réalisés et discuter avec les propriétaires concernés », conseille Elisabeth Chesnais, journaliste de la revue Que Choisir.
- Faire attention aux devis fantaisistes.
« Le devis ne doit pas dépasser 20.000euros pour une maison, certains commerciaux font monter la note à 27.000euros, indique Didier Michaud, le secrétaire national du groupement des particuliers producteurs d’électricité photovoltaïque (GPPEP). L’objectif de ces commerciaux est de faire signer la proposition de crédit sur place en moins d’une heure, avec à la clef une commission de 3.000euros, il faut être très vigilant ! ».
- Privilégier les entreprises locales.
« Il vaut mieux traiter avec des entreprises et des artisans ayant pignon sur rue, connus dans le département, plutôt que de traiter avec des groupes ou des sociétés basées dans le Nord ou le Sud de la France, car il faut penser au service après-vente », note l’UFC-Que Choisir de Vannes. « Il faut s’adresser à une entreprise qui vend mais qui assure aussi la pose. »
- Exiger une qualification.
Avant de choisir une entreprise, il est important de s’assurer qu’elle est qualifiée (Quali PV, Qualifelec), car le nombre d’installateurs a explosé ces dernières années, pas tous compétents. En Vendée, Didier Michaud du GPPEP, avance le nombre de trois entreprises en 2006 contre 286 aujourd’hui !

- Attention au plafond du crédit d’impôt. Le crédit d’impôt photovoltaïque pour les particuliers représente 50% de l’investissement, plafonné à 8.000euros pour un célibataire et 16.000euros pour un couple. Ce montant est majoré de 200euros par personne à charge. Mais attention, si votre droit à crédit d’impôt a été consommé il y a moins de cinq ans, vous paierez le tarif plein pot. Les aides des collectivités territoriales s’affichent quant à elles en général à la baisse.
- Faire ses calculs.
Le prix de rachat du kWh est actuellement de 58 centimes d’euros, l’électricité est injectée sur le réseau de distribution. En moyenne, pour une maison individuelle, 20m² de panneaux produisent 2.500kWh par an, soit un revenu d’environ 1.450euros.

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