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Accueil du site / Centrale de Brennilis / [Presse] Brennilis. « Des taux supérieurs à la normale » (Télégramme)

L’association Sortir du nucléaire Cornouaille a commandé à la Criirad (*) une étude sur l’impact radiologique de la centrale de Brennilis.

Aujourd’hui connus, les résultats de ces recherches seront communiqués cet après-midi à La Feuillée. « Nous avons constaté une contamination anormale des plantes et des sédiments prélevés dans le chenal de rejet des effluents de la centrale, chenal qui se jette dans la rivière l’Ellez. Nous avons trouvé des éléments artificiels qui viennent forcément d’une activité nucléaire », affirme Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire et responsable du laboratoire de la Criirad.

Et le scientifique de citer en exemple le Césium 137 ou l’Actinium 227, bref des « intrus » qui ne rentrent pas vraiment dans la composition des yaourts, même allégés.

Rejets sans autorisation

En quelle quantité ? « Dans des taux très nettement supérieurs à la normale
- 3.000 becquerels par kilo pour le Césium 137 là où la norme se situe entre0 et 50 becquerels
- et dans un milieu qui n’est pas apte à les recevoir en raison d’une très faible dilution », répond Bruno Chareyron.

Pourtant, selon lui, la centrale n’a pas d’autorisation pour émettre des rejets radioactifs, ni dans l’eau, ni dans l’air. « Nous avons néanmoins mesuré dans l’atmosphère des taux de Tritium (hydrogène radioactif) 30 fois supérieur à ceux constatés à la centrale de Saint-Alban (Isère) qui est beaucoup plus grande », soutient le physicien.

« Série d’anomalies »

Ce dernier pointe aussi du doigt « un système de contrôle et de surveillance d’EDF totalement aberrant, incapable de vérifier l’impact des rejets.

Imaginez, leurs analyses des pluies n’ont même pas "vu" la catastrophe de Tchernobyl en 1986. C’est dire ! La fiabilité de leur inventaire est douteuse : certains éléments radioactifs présents dans nos prélèvements comme l’argent 108 m ne s’y trouvent pas ! ». « Il y a là une série d’anomalies. Il est temps que la population se réveille pour être exigeant envers EDF et l’État qui avait autorisé un décret illégal permettant le démantèlement total : aucune enquête publique n’avait en effet été réalisée contrairement à ce qu’ordonne la loi », estime le chercheur.

Obtenir la transparence

Aujourd’hui, la Criirad et Sortir du nucléaire réclament, avant toute reprise du démantèlement, la transparence totale sur les pratiques d’EDF à Brennilis. Les associations veulent que le site soit décontaminé et que l’exploitant s’explique sur l’origine de cette contamination. Elles souhaitent, enfin, connaître le taux de radioactivité actuel et appellent de leurs vœux une enquête publique ainsi qu’une étude d’impact scientifique et épidémiologique sérieuse.

« Le démantèlement total n’est pas une entreprise anodine. Car, la radioactivité au cœur du réacteur est encore aujourd’hui de l’ordre de 100 Sievert/heure. Ce n’est pas rien, lorsque l’on sait qu’une simple dose de 6 Sievert/heure est mortelle... », conclut Bruno Chareyron.

* Criirad : Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (association loi 1901). Internet : www.criirad.org

Hervé Corre

Deux rendez-vous à La Feuillée Ce matin, stage sur l’utilisation du compteur geiger et la prise de mesure, de 9 h à 13 h, à la salle polyvalente (20 places maximum). Cet après-midi, réunion publique et présentation des résultats de l’étude, à 17 h, à la salle polyvalente.