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Accueil du site / Presse / Ile de Sein. Une maîtrise d’énergie exemplaire

Le télégramme - Samedi 30 Septembre

Sein est un cas d’école. La petite île du Ponant fait souvent la Une pour ses mille originalités. Elle peut aussi faire école. C’est ici que furent, pour la première fois, enterrées des lignes électriques. Sein, île laboratoire était hier à l’honneur pour son programme de maîtrise de l’énergie. La Région, l’Ademe (*) et EDF se sont associés pour tester une politique qui devrait intéresser d’autres collectivités. L’île de Sein, comme Molène et Ouessant, n’est pas raccordée au continent par un câble électrique. Ce sont des groupes électrogènes alimentés au fioul qui fournissent l’électricité. Sein, contrairement aux autres îles du Ponant, n’a pas d’eau potable, pas même saumâtre comme à Molène. L’eau, récupérée par le passé dans des citernes, est aujourd’hui produite par une usine de dessalement, qui fonctionne à l’électricité. À l’île de Sein, la vie est chère. Chaque foyer dispose d’un congélateur pour stocker les provisions ramenées du continent. Le « froid » compte pour 15 % de l’électricité utilisée. Résultat : l’île consomme 1.450 MWh d’électricité chaque année. Elle est produite par 420.000 litres de fioul apportés du continent pour des groupes diesel qui génèrent aussi des pollutions.

Économiser

EDF est tenu de fournir une électricité au tarif normal, même si le coût de production est plus élevé. L’Ademe et la Région sont motivées par les économies d’énergie et la promotion des énergies renouvelables. Tous trois se sont retrouvés naturellement sur un programme de réduction de la consommation d’électricité de l’île. Il est basé sur les trois postes de consommation individuelle les plus importants : la production d’eau chaude, l’électroménager de froid et l’éclairage. De la fin 2005 à aujourd’hui, les îliens ont pu acheter de multiples équipements économes en énergie, le plus souvent à demi-tarif : ampoules basse consommation (1 € pièce), réfrigérateurs performants (A +), économiseurs d’eau pour réduire l’activité électrique de l’usine de dessalement. Celle-ci devrait aussi prochainement optimiser son fonctionnement. Toutes ces opérations permettront d’économiser 228.200 kWh, soit 15 % de la consommation de l’île.

Produire

Les partenaires passeront ensuite à une deuxième phase plus compliquée sur la production d’énergie renouvelable. À Sein, bizarrement il n’y a pas d’éolienne et quasiment aucun panneau solaire. L’idée est d’installer, si c’est possible, des petites éoliennes, et de concentrer une installation photovoltaïque sur les toitures de l’écloserie qui abrite déjà l’usine de dessalement, à côté du phare. Au mieux, ces installations permettraient de diminuer par deux la puissance des groupes électrogènes sur l’île. C’est un autre challenge. L’île de Sein ne sera jamais autosuffisante en énergie, sauf si un jour l’hydrolien se démocratise, mais la mobilisation des habitants a permis de montrer que la consommation pouvait être largement réduite. C’est ce qu’ont vérifié les représentants de la Région, l’Ademe et EDF invités, hier, à une journée ensoleillée sur zone. Il reste à imaginer une déclinaison à plus grande échelle de ce programme attractif. * Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.

Ronan Larvor