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Accueil du site / Presse / Quand la France découvre la maison « basse consommation »

Ouest France - Lundi 22 Octobre 2007

Quinze ans après l’Allemagne, la France se met au logement sobre. Jean-Christophe Visier, le spécialiste du CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment), pense que le label Effinergie « basse consommation » doit devenir la norme.

Vous avez participé à la définition du label Effinergie. De quoi s’agit-il ?

Pour avoir ce label officiel, un bâtiment ne doit pas dépasser une consommation d’énergie de 50 kilowattheures par mètre carré et par an, soit deux fois moins que ce qu’impose la réglementation actuelle. On ne parle que de la consommation du chauffage, de l’eau chaude, de la ventilation et de l’éclairage. Le premier label a été attribué le 11 octobre à une maison située en Eure-et-Loir, construite par Geoxia (Phenix).Le label allemand « Passiv Haus », qui a dix ans, est plus exigeant.

Pourquoi ne pas s’en être inspiré ?

Le principe de la maison passive est de pouvoir se passer de chauffage. Le label allemand existe depuis 1996. Il a été décerné à 7 000 logements. Nous avons préféré nous rapprocher des critères du label suisse Minergie qui s’est répandu plus rapidement. L’objectif d’Effinergie est à la fois faisable et ambitieux. L’espoir est qu’il devienne le standard le plus vite possible.

Les propositions du Grenelle avancent 2015. Est-ce qu’on peut atteindre de telles performances avec les techniques de construction utilisées aujourd’hui ?

Aujourd’hui, tout le monde fait la même chose. Demain, ce ne sera peut-être pas l’optimum. Comme il faut doubler les épaisseurs d’isolants, la construction à ossature (bois ou métal) devient intéressante, elle n’ajoute pas l’épaisseur d’un mur. L’isolation par l’extérieur permet d’éviter plus facilement les ponts thermiques et améliore le confort d’été, en renforçant l’inertie thermique du bâtiment. Quelle est la technique idéale ? Les constructeurs et les artisans vont devoir définir de nouveaux standards. Dans les deux ou trois années à venir, l’enjeu sera de trouver les meilleurs.

Est-ce que ces bâtiments basse consommation seront plus cher ?

Pour les premières constructions, ça peut coûter 15% de plus parce que les entreprises vont devoir apprendre. ça prendra plus de temps, certains mettront ceintures et bretelles. Avec l’expérience, le coût baisse très rapidement. En Suisse, le surcoût est de 3 à 5% pour les maisons Minergie. Les économies d’énergie réalisées ensuite permettent d’amortir très vite un tel surcoût. Et les maisons qui ont ce label se revendent à des prix plus élevés.

Recueilli par Serge POIROT.

Forum

  • Immeubles à consommation d’énergie nulle

    9 novembre 2007, par Serge

    Des expériences concrètes d’immeubles à faible consommation d’énergie ou à consommation nulle : Architecture bioclimatique
    Ne pas manquer aussi ce dossier de l’Ademe, qui a disparu de son site : See the light 2005 sur l’émergence des bâtiments sans chauffage ni climatisation et pourtant très confortables.
    Cela économise pas mal de nucléaire, de charbon, de fuel ou de gaz !