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Accueil du site / Base de l’ILE LONGUE / [presse]Le Terrible. Aussi cher qu’un porte-avions

LE TELEGRAMME - VENDREDI 21 Mars 2008

Nicolas Sarkozy assistera ce matin à la présentation du tout dernier sous-marin nucléaire construit à Cherbourg. Mais il faudra attendre au moins 2010 pour le voir partir en patrouille au départ de l’Ile-Longue.

C’est le quatrième sous-marin de la série mais le nombre de ses innovations en font une unité profondément modernisée. En commençant par son tout nouveau missile, le non moins redoutable M 51. Combien coûte ce sous-marin nucléaire ? Il est estimé à 2,5 milliards d’euros soit pratiquement les trois milliards annoncés pour la construction du deuxième porte-avions nucléaire. Et les 16 missiles embarqués de nouvelle génération ? Plus difficiles à chiffrer. On sait par ailleurs que l’entretien général du sous-marin effectué tous les cinq à sept ans est facturé à plus de 200 M€. En clair, la flotte de dissuasion est de loin la composante la plus gourmande de la marine. Et pourtant, ce monstre de 138 m de long (14.000 t en plongée) passerait quasiment inaperçu à côté d’un des 37 sous-marins nucléaires américains ou d’un des trois derniers Typhoon russes avec leurs 170 m de long pour 25.000 tonnes en plongée...

Lourdement armé

En 2010, le Terrible sera probablement l’undes sous-marins les plus performants quant à ses systèmes de détection et son tout nouvel équipement de combat. En plus de ses 16 missiles nucléaires capables de détruire l’équivalent de 1.000 fois Hiroshima, le sous-marin n’embarque pas moins de 18 torpilles afin d’assurer sa défense personnelle. Plus gros, plus puissant (on parle d’un rayon d’action de 7.000 km), mais aussi plus léger, le M 51, le nouveau missile assemblé à L’Ile-Longue n’a pas été sans poser des problèmes aux centaines d’ingénieurs (14 millions d’heures de travail pour assembler un million de composants) qui se sont penchés sur la mise au point de cette complexe machine de dissuasion nucléaire.

Complexe stabilité

Une fois largués, les missiles plus légers mais plus volumineux laissent entrer davantage d’eau dans leur logement, ce qui a pour effet de modifier la stabilité du navire. Les ingénieurs ont imaginé une charge de plomb que le tir libère des trappes placées sous le navire. Selon Jean-Michel Roche, qui évoque le procédé sur Net-Marine, chacun de ces plombs pèse l’équivalent de quatre automobiles.

Complètement propre ?

Heureusement que l’on ne tire pas tous les jours un missile nucléaire ! Mais ses défenseurs rétorquent que sa propulsion nucléaire en fait un navire qui a le moins d’impact sur l’environnement. Jusqu’à ce que « le carburant nucléaire » ne soit à changer et à stocker quelque part.

Stéphane Jézéquel