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Accueil du site / Centrale de Brennilis / [presse] Brennilis, réunion d’informations au Conseil Général concernant la création de la CLI

Ouest-France 8 octobre 2008

Brennilis s’engage à la transparence nucléaire

Légende photo : Essentielle, la première rencontre, organisée hier à Quimper entre Pierre Maille, président du conseil général et les associations de protection de l’environnement concernées, était l’occasion d’échanger sur la future Cli, commission locale d’information, créée dans le cadre de la loi relative à la sécurité et la transparence en matière nucléaire et du démantèlement de la centrale de Brennilis.

La création de la Cli, commission locale d’information, pourrait permettre le financement de nouvelles expertises radiologiques. « Le démantèlement de la centrale nucléaire de Brennilis va désormais s’effectuer sous le contrôle des élus et des associations. Chargée de suivre ce chantier d’exception, la Cli aura des règles de fonctionnement qui lui assureront une transparence exemplaire. »

C’est ainsi que, hier à Quimper, Pierre Maille, président du conseil général, a présenté aux associations de protection de l’environnement (1), cette « essentielle et très attendue Cli », ou « commission locale d’information ». Début 2009, elle sera obligatoirement consultée dès qu’il s’agira de reprendre le démantèlement de Brennilis.

Informer le public

Son contexte : le décret du 12 mars 2008, en application de la loi 2006 relative à la sécurité et la transparence en matière nucléaire. Sa mission : l’information du public concernant l’impact des activités de l’ancienne centrale nucléaire sur les personnes et l’environnement.

« Tant de questions restent encore en suspens, remarque Marie Nicolas, de Sortir du nucléaire Cornouaille. L’opacité persistante sur l’état, notamment radiologique, du site et de son environnement, est la première barrière à lever. »

Pour les associations, la Cli va se « démarquer fondamentalement » de l’ancien Observatoire du démantèlement : « Auparavant, on ne disposait que de la seule version officielle. Ce n’était ni sain, ni objectif, ni démocratique, constate Xavier Grémillet, président du Groupe mammalogique breton. Brennilis est un cas de figure unique, son démantèlement, premier du genre, préfigure les suivants. EDF veut démontrer que c’est un savoir-faire parfaitement maîtrisé. Ça reste à vérifier. »

Expertises indépendantes et débat

Dotée d’un statut d’association et d’un budget d’environ 20 000 €, la Cli peut recevoir des subventions de l’État ou des collectivités : « On va demander, en priorité, que le travail initié par la Criirad, la commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité, soit poursuivi, explique Roger Abiven, président d’AE2D, Agir pour l’environnement et le développement durable. Éventuelle contamination du lac Saint-Michel, conséquences des rejets dans l’Elez, de nouvelles expertises s’imposent. »

À Brennilis, EDF était déjà arrivé à la phase 3, l’ultime, le démantèlement du réacteur nucléaire. Avant que les travaux puissent reprendre, un débat public s’impose pour les associations : « C’est un enjeu national. En matière de nucléaire, et de ses déchets, il faut arrêter de privilégier la fuite en avant. Avec cette Cli, on pourra juger du poids que peut avoir le Finistère face au lobby nucléaire. »

Frédérique GUIZIOU.

(1) En majorité déjà présentes au sein de l’Observatoire du démantèlement, 7 associations ont répondu à l’invitation de Pierre Maille : Bretagne vivante, Eaux et rivières, Sortir du nucléaire Cornouaille, Agir pour l’environnement et le développement durable, le Groupe mammologique breton, Vivre dans les Monts d’Arrée, L’Eau et la Terre.


Le Télégramme 8 octobre 2008

Centrale de Brennilis. Vers plus d’informations

Une première rencontre avec les associations intéressées par la future commission locale d’information (CLI) chargée de suivre le démantèlement de la centrale de Brennilis a eu lieu, hier, au conseil général à Quimper.

Prévue par la loi, la CLI doit logiquement prendre le relais de l’observatoire, une structure critiquée par nombre d’associations pour son « manque de transparence ». Hier, la réunion pilotée par Pierre Maille, président du conseil général du Finistère, avait pour but de fixer le calendrier d’installation de la future commission qui réunira une quarantaine de membres. Elle se composera pour moitié d’élus, puis de représentants des associations de protection de l’environnement, d’organisations syndicales et de représentants du monde économique.

Les associations invitées à faire acte de candidature

Pierre Maille a proposé de porter le nombre de représentants des associations à sept au lieu des quatre que prévoit la loi. Toutes les associations souhaitant y participer peuvent encore faire acte de candidature jusqu’à la fin du mois. Le président du conseil général imagine « un panel représentatif des divers centres d’intérêt » pour que les membres « diffusent l’information auprès du public selon leur sphère d’influence ».

Création de la CLI en décembre

Il se propose de réunir début novembre toutes les associations intéressées pour qu’elles désignent leurs représentants. « Je prendrai ensuite l’arrêté de composition de la CLI vers la mi-décembre. La première réunion de travail pourrait avoir lieu en janvier ». La commission aura à définir ses méthodes de travail, son mode d’information de la population, avant qu’une nouvelle enquête publique sur le démantèlement ne soit lancée. Peut-être courant 2009. Contrairement à l’observatoire, instance dont la composition était fixée par le préfet, la commission disposera d’un budget. Le chiffre de 10.000 € à 20.000 € a été avancé. Un premier motif de satisfaction pour les associations. « On en attend aussi plus de transparence et que les élus nous rendent compte des travaux engagés sur le dossier du démantèlement. Car, reproche cette militante de l’association L’eau et la terre, l’exploitant, EDF, n’a jamais répondu à nos questions sur l’état de contamination. Il y avait un black-out total ».

Cathy Tymen