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Accueil du site / Centrale de Brennilis / Centrale de Brennilis : Recommandations de l’ASN sur le démantèlement des centrales nucléaires

(©AFP / 13 novembre 2008 16h52)

PARIS - Les centrales nucléaires doivent être démantelées dès leur mise à l’arrêt, alors que leur assainissement peut prendre plusieurs décennies, selon l’Autorité de sûreté nucléaire qui a formulé jeudi des recommandations sur sujet concernant à terme les 58 réacteurs du parc français.

Lorsqu’une unité nucléaire est arrêtée parce qu’elle n’est plus assez sûre ou rentable, les éléments radioactifs peuvent être soit démantelés immédiatement, soit confinés ou démantelés plus tard, pour profiter de la baisse de la radioactivité au fil des ans, selon trois stratégies définies par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Le démantèlement immédiat, retenu par l’exploitant français EDF, permet de profiter de la mémoire du personnel des centrales, a souligné André-Claude Lacoste, le président de l’ASN, au cours d’une conférence de presse.

Le but affiché est d’atteindre une dénucléarisation complète des sites, afin de les libérer pour d’autres usages.

Le coût est d’environ 250 millions d’euros par réacteur, ou 15% du prix de sa construction. Depuis la loi TSN sur la transparence et la sécurité nucléaire de 2006, ces sommes doivent être provisionnées par l’opérateur dès la mise en chantier de la centrale.

Sont actuellement programmés le démantèlement du seul réacteur de la filière à eau lourde, à Brennilis, ceux de 6 réacteurs d’ancienne génération (filière graphite/gaz) à Bugey, Saint-Laurent et Chinon, du réacteur à eau sous pression à Chooz, ainsi que celui du réacteur à neutrons rapides Superphénix.

Alors que la majorité des centrales nucléaires françaises datent des années 1970-80, le démantèlement "a pris ces dernières années une ampleur véritablement industrielle", a souligné Jérôme Rieu, directeur des installations de recherche et des déchets de l’ASN.

Démarrée en 1997, la première déconstruction de centrale, à Brennilis (Finistère), a connu de nombreux déboires. Engagée d’abord avec trop d’acteurs sous une "forme compliquée", selon M. Lacoste, elle a été interrompue l’an dernier, le Conseil d’Etat ayant annulé l’arrêt de démantèlement pour manque d’information du public.

Il va maintenant falloir "de 18 mois à deux ans pour instruire le décret" permettant de démanteler le réacteur, "plus une dizaine d’années" avant d’arriver à une dénucléarisation du site, a indiqué M. Lacoste.